25.08.2009
La croustade, dessert de fêtes

Une croustade toute ronde et dorée à point.
Autrefois, la croustade se dégustait pour les fêtes de famille et principalement pour le carnaval.
Pour le carnaval, les noix ne pouvant se conserver longtemps, la croustade en était garnie ; mais au temps des vendanges elle était remplacée par le raisiné, puis l'hiver par les pommes, et chaque famille avait sa propre version de la recette.
Comme on n'avait pas de four à la maison, les soirs convenus, on se rendait en procession chez le boulanger qui mettait avec complaisance son four à la disposition des ses clients.
Les ménagères avaient préparé sur une large plaque beurrée la pâte feuilletée et sa garniture de noix et de chocolat, sans omettre le zeste de citron qui en relevait le goût, et avaient décoré leur œuvre pour la reconnaître au sortir du four parmi les dizaines d'autres toutes aussi dorées et parfumées cuites ensemble ce soir-là.
Durant l'heure que durait la cuisson, les mères et grand-mères se racontaient les potins du village, riant de la Lisette, « yo quicom (c'est quelque chose), mais sûr elle est si poulidette (joliette) ! » ou du Paulou qui, un peu saoul « a embugné le mur de l'école ! », sans méchanceté et pour passer le temps, tandis que les enfants jouaient autour d'elles.
A présent, la vie a changé, chacun possède un four, et si la croustade constitue toujours un dessert apprécié qui termine avec bonheur les repas de fêtes, elle se prépare à la maison, ou s'achète chez les pâtissiers du village : la simplicité y a sans doute gagné ce que la convivialité y a perdu.
Pas de regrets toutefois, et dégustons sans états d'âme cette succulente croustade !
08:00 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : croustade


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